Six heures trente. C’est tôt, pour moi! Pas si tôt que ça, par contre, pour Amaëlle, la capitaine du magasin d’Ouchy, puisque comme toutes les autres boulangeries Fleur de Pains, celle-ci ouvre ses portes à 6h. Ce n’est pas si tôt non plus pour Claude Chevallaz, qui s’y arrête chaque matin avant de se rendre à son travail afin d’y boire un café et de lire le journal.
Qu’importe, je suis installée à la petite table au fond du magasin avec mon thé de menthe et un pain au choc, parce que malgré l’heure bien matinale, j’ai réussi à arriver en avance.
M. Chevallaz entre dans le magasin, tout sourire et bien plus réveillé que moi. Amaëlle lui tend un ballon multicéréales — elle connaît ses habitués! — et il se dirige vers la machine à café.
Parfois, me dit-il, il prend un taillé plutôt qu’un ballon pour accompagner son café, mais en général c’est un ballon multicéréales.
On commence à discuter, et comme il se doit, je joue un peu les intervieweuses. Fort sympathique, M. Chevallaz m’explique qu’il travaille à Vidy Med, où il est orthopédiste, et que le magasin d’Ouchy se trouve donc sur son chemin. A cette heure-ci, en plus, il est fort aisé de trouver une place de parc dans la rue.

Il apprécie beaucoup la qualité des produits, la propreté du lieu, le journal qui l’attend chaque matin sur la table, et surtout l’accueil personnalisé. Il prend son café ici chaque matin presque depuis que le magasin est ouvert, ça laisse donc le temps de tisser des liens avec la capitaine et les autres habitués! Il est particulièrement touché par certaines petites attentions — comme par exemple le Père Noël en chocolat qui lui a été offert pour Noël.
M. Chevallaz ne se limite toutefois pas au magasin d’Ouchy, ni au petit matin. Les mercredis midis, par exemple, il mange un sandwich chez Fleur de Pains. Et le samedi, comme il habite là-bas, c’est au magasin d’Epalinges qu’il achète son pain. Il lui arrive aussi de faire un saut au magasin de La Croix-sur-Lutry, quand il y passe.
Nous continuons à discuter: du parcours et du métier d’orthopédiste, et surtout de ses passions extra-professionnelles. Grand amateur de photo noir et blanc, il sillonne régulièrement la région avec son appareil. Il a même un petit dictaphone dans lequel il prend des notes orales lorsqu’il repère un sujet à venir photographier à un autre moment. Il aime aussi beaucoup la course à pied, le vélo, et la nage dans le lac — il connaît une petite plage tranquille qu’il affectionne particulièrement et dont il me parle longuement. En hiver, plus propice aux activités d’intérieur qu’à la nage dans le lac, il se tourne vers la construction de maquettes de train: une fascination pour ce mode de transport depuis tout petit et qui ne l’a jamais quitté.
Il est 7h15 et je n’ai pas vu le temps passer. Je sens qu’on aurait bien pu parler encore des heures, mais le travail attend! Avec tout ça, M. Chevallaz n’a même pas eu le temps d’ouvrir son journal — il le lira à midi, me rassure-t-il.
Quant à moi… je vais rentrer et faire une petite sieste!
Stephanie Booth